Essaimage : définition, causes et déroulé, expliqués simplement

Un essaim n'est pas une attaque : c'est une colonie d'abeilles qui se reproduit. Voici comment cela se prépare, quand cela arrive et pourquoi l'essaim se pose parfois dans votre jardin.

Mis à jour le 30 octobre 202611 min de lecture13 sources

L'essaimage est la façon dont une colonie d'abeilles se reproduit : l'ancienne reine quitte la ruche avec environ la moitié des ouvrières pour fonder une nouvelle colonie, et une jeune reine prend la suite dans la ruche d'origine [1]. Cela arrive surtout d'avril à juillet [2], le plus souvent en fin de matinée [4]. L'essaim se pose d'abord en grappe à quelques dizaines de mètres [5], le temps que des éclaireuses choisissent un logis définitif.

Essaimage : la définition

En apiculture, essaimer, c'est se diviser en deux. Une partie de la colonie, avec la reine en place, part former un essaim : une boule d'abeilles qui cherche un nouveau logis. L'autre partie reste dans la ruche avec le couvain (les œufs, larves et nymphes) et des cellules royales prêtes à éclore [3]. L'essaimage est donc le mode de reproduction de la colonie tout entière [1] : une colonie en devient deux.

Les chiffres varient selon les sources sur la part des ouvrières qui s'en va. Le biologiste Thomas Seeley parle d'environ la moitié [1], un guide vétérinaire québécois indique qu'environ un tiers des ouvrières reste dans la ruche [3].

Le sens figuré, en entrepriseLe mot sert aussi dans le monde du travail : l'essaimage désigne la création d'une entreprise par un salarié qui quitte son employeur avec le soutien de celui-ci [10]. L'image vient directement des abeilles : une structure en fait naître une autre. Sur ce site, nous parlons uniquement des abeilles.

Pourquoi une colonie essaime

L'essaimage a deux effets pour l'espèce : il multiplie les colonies et il brasse les gènes, puisque l'essaim s'installe ailleurs et que la jeune reine restée dans la ruche s'accouplera avec d'autres mâles [3]. Plusieurs facteurs poussent une colonie à essaimer. Le guide du ministère de l'Agriculture du Québec les classe ainsi, du plus important au moins important [3] :

  1. Le manque de place pour le couvain. Au printemps, la reine est à son pic de ponte, jusqu'à 2 000 œufs par jour, et les naissances sont nombreuses : la partie de la ruche réservée au couvain devient surpeuplée.
  2. L'âge de la reine. Une reine de plus d'un an produit de moins en moins de phéromones, ces signaux chimiques qui « tiennent » la colonie. Les ouvrières se comportent alors comme si elles manquaient de reine et en élèvent de nouvelles.
  3. Le manque d'espace pendant la miellée. Le nectar rapporté contient jusqu'à 80 % d'eau et demande beaucoup de place pour sécher. Faute d'espace, les abeilles remplissent de miel les cellules où la reine devrait pondre, ce qui recrée la surpopulation.

La génétique compte aussi. L'Institut technique de l'abeille (ITSAP) présente l'abeille carniolienne comme connue pour son caractère essaimeur, et les abeilles caucasienne et italienne comme peu essaimeuses [2]. Pour en savoir plus sur ces races et sur l'organisation de la ruche, lisez notre guide sur la vie des abeilles, de la reine au miel.

Les cellules royales : la préparation

Un essaim ne part pas sur un coup de tête. L'essaimage se prépare pendant 7 à 12 jours [3]. Les ouvrières construisent d'abord plusieurs cellules royales, jusqu'à une vingtaine, dans lesquelles la reine pond [3]. Une cellule royale est une grosse alvéole qui pend à la verticale, ouverture vers le bas [2]. On les trouve souvent dans le bas des rayons [3].

Cellules royales sur un cadre de cire : l'essaimage se prépare
Cellules royales construites au bord d'un rayon : chacune peut donner une nouvelle reine.. Photo : shawn caza @ beekeeping.isgood.ca (CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons)

Dans ces cellules, l'œuf est le même que celui d'une ouvrière. Ce qui fait la différence, c'est la nourriture : la larve reçoit beaucoup plus de gelée royale les premiers jours [2]. Pendant ce temps, la vieille reine est mise au régime : elle pond moins et ses ovaires diminuent de volume, ce qui la rend de nouveau capable de voler [3]. Beaucoup de butineuses arrêtent de récolter et deviennent éclaireuses, à la recherche d'un nouvel emplacement [3].

Pour l'apiculteur, ces cellules sont une horloge. Le guide québécois donne ces repères [3] :

Ce que l'apiculteur voit dans la cellule royaleDépart probable de l'essaim
Un œufdans 10 à 12 jours
Une larve baignant dans la gelée royaledans 4 à 10 jours
Une cellule fermée (operculée)dans 1 à 4 jours

Juste avant de partir, les abeilles se gorgent de miel : il représente 20 à 30 % du poids d'un essaim [11]. C'est leur réserve de voyage, et la matière première de la cire qu'elles fabriqueront dans leur nouveau logis.

Le départ : l'essaim primaire et l'ancienne reine

Le premier essaim, appelé essaim primaire, emmène l'ancienne reine [1]. Les abeilles sortent en masse, volent seulement quelques dizaines de mètres puis se posent en grappe sur une branche, une haie, un volet [5]. Cette grappe est une étape temporaire, pas un nid.

10 000 à 20 000abeilles dans la plupart des essaims (de quelques milliers à plus de 30 000)Source [4]
11 hheure médiane de départ observée (de 8 h 30 à 17 h 30)Source [4]
7 à 12 joursde préparation dans la ruche avant le départSource [3]

Une fois posées, des ouvrières expérimentées « battent le rappel » : elles découvrent une glande au bout de leur abdomen, la glande de Nasanov, et battent des ailes pour diffuser une odeur qui guide les abeilles restées en vol vers la grappe [2].

Les essaims secondaires

Après le départ de l'essaim primaire, la ruche peut en émettre d'autres, plus petits : les essaims secondaires. Ils partent avec de jeunes reines, pas encore fécondées [4]. Dans la ruche, c'est en général la première reine née qui élimine ses rivales [2].

Une étude menée en 2019 dans une forêt du sud de l'Allemagne sur 10 colonies laissées à l'état sauvage donne une bonne idée du phénomène (prépublication, pas encore relue par d'autres chercheurs) [4] :

Essaim primaireEssaim secondaire
Reinel'ancienne reineune jeune reine non fécondée
Poids moyen2,44 kg1,40 kg
Nombre d'abeilles estiméenviron 18 800environ 10 800
Momentpremier départen moyenne 9 jours après le primaire (6 à 13 jours)

Les 10 colonies ont toutes essaimé au moins une fois : 5 n'ont donné qu'un essaim, 3 un primaire et un secondaire, 2 un primaire et deux secondaires [4]. Si vous voyez un deuxième essaim, plus petit, une semaine après le premier, c'est sans doute ce scénario.

Quelle saison, quelle heure ?

Selon l'ITSAP, c'est entre avril et juillet que la vieille reine a le plus de chances d'essaimer [2]. Dans la forêt allemande de l'étude, les essaims sont partis entre le 17 mai et le 27 juin, avec une date médiane au 30 mai ; un grand relevé participatif allemand montrait un début en avril et un premier pic début mai [4]. Pour l'Oise, retenez : surtout d'avril à juin, parfois jusqu'en juillet.

La météo joue beaucoup. Les essaims partent surtout quand le temps se réchauffe après une période plus fraîche, et les jours sans pluie [4]. À l'inverse, la pluie peut retarder le départ d'un essaim posé [8]. Aucune source fiable ne donne de température précise à partir de laquelle les abeilles essaiment. Notre indice d'essaimage du jour et son calendrier traduit ces tendances en un repère simple pour votre secteur.

Les signes avant-coureurs

Les vrais signes se voient surtout à l'intérieur de la ruche, donc par l'apiculteur [3] :

  • des cellules royales dans le bas des rayons, avec un œuf ou une larve ;
  • une reine qui pond moins ;
  • une récolte de nectar et de pollen qui ralentit nettement, parce que des butineuses sont devenues éclaireuses ;
  • une ruche très peuplée au printemps, avec peu de place libre.

Pour un voisin ou un promeneur, le signe le plus visible est le départ lui-même : un nuage d'abeilles d'une dizaine de mètres de large, qui finit par se resserrer en grappe [6].

La « démocratie des abeilles »

Comment un essaim choisit-il sa nouvelle maison ? Le biologiste américain Thomas Seeley a consacré des décennies à cette question, résumée dans son livre Honeybee Democracy (2010) [9]. Avant lui, Martin Lindauer, élève de Karl von Frisch, avait découvert dans les années 1950 que les danses exécutées sur un essaim annoncent des emplacements de nid, et non de la nourriture [1].

  1. Seules quelques centaines d'abeilles travaillent. Les éclaireuses, environ 5 % de l'essaim, partent explorer ; les autres restent immobiles dans la grappe, sans doute pour économiser leurs réserves [1] [6].
  2. Une douzaine de cavités sont proposées. Chaque éclaireuse revenue « présente » son site par une danse frétillante sur la grappe [1].
  3. Les propositions se réduisent. Le nombre de sites annoncés diminue jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un [1].
  4. La décision se prend au quorum. L'essaim se prépare à partir quand une quinzaine d'éclaireuses se trouvent en même temps sur le même site (environ 150 visiteuses au total), sans attendre l'avis de toutes [1].

Cela peut prendre du temps : dans un essaim suivi par Seeley, la décision a demandé environ 16 heures de danses réparties sur trois jours [1]. C'est pourquoi un essaim peut rester quelques heures ou quelques jours au même endroit : voyez notre guide combien de temps reste un essaim.

Le logis idéal est assez précis. Dans des expériences avec des nichoirs, les abeilles ont préféré une cavité de 40 litres à des cavités de 10 ou 100 litres [7]. Un site de premier choix fait plus de 20 litres, avec une entrée de moins de 30 cm², à plusieurs mètres du sol, orientée au sud et placée en bas de la cavité [1]. Un creux d'arbre convient, mais un mur creux ou un conduit de cheminée aussi, d'où les colonies qui s'installent dans les maisons [8].

Le voyage : à quelle distance ?

Une fois la décision prise, l'essaim s'envole en nuage d'environ 10 mètres de diamètre, à 8,5 à 11 km/h. Il ralentit au moins 80 mètres avant le site ; la reine entre environ 9 minutes après l'arrivée, et presque toutes les abeilles sont à l'intérieur en 30 minutes [6]. Les essaims s'installent souvent à au moins 300 mètres de leur colonie d'origine, et les distances relevées vont jusqu'à environ 3,9 km [5].

Ce que fait l'apiculteur pour limiter l'essaimage

Pour un apiculteur, un essaim parti, c'est la moitié de sa colonie qui s'en va et une récolte qui baisse. Il dispose de plusieurs méthodes, détaillées par le guide québécois [3] :

Apiculteur soulevant un cadre de sa ruche
Apiculteur contrôlant un cadre : les visites de printemps servent à repérer les cellules royales.. Photo : Dmytro Glazunov (Licence Pexels, Pexels)
MéthodePrincipeLimite
Donner de la placeAjouter des étages (hausses) et des cadres avant la miellée, pour que la reine puisse pondre et que le nectar puisse sécherÀ anticiper, avant les signes d'essaimage
Garder de jeunes reinesDes reines de moins d'un an, qui produisent davantage de phéromonesIl faut remplacer les reines régulièrement
Détruire les cellules royalesSupprimer toutes les cellules tous les 7 joursEfficacité moyenne : une seule cellule oubliée suffit, et l'essaim peut partir quand même
Méthode DemareeSéparer la reine du couvain dans la même ruche pour « faire croire » que l'essaimage a eu lieuDemande de revenir détruire les cellules royales 7 à 10 jours après
Diviser la colonieCréer soi-même de petites colonies (un essaim artificiel)Ces colonies produisent moins de miel

Malgré tout, un essaim peut toujours s'échapper [3]. C'est aussi pour cela que des apiculteurs bénévoles de l'Oise recueillent les essaims chez les particuliers. Vous êtes apiculteur ? Inscrivez-vous pour être prévenu des essaims près de chez vous.

Vous voyez un essaim : que faire ?

Grappe d'abeilles serrées d'un essaim accroché à une branche
Grappe d'abeilles serrées autour de la reine, le temps que les éclaireuses choisissent un logis.. Photo : Nilfanion (CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons)

Un essaim posé sans rayons de cire est en général peu défensif, car il n'a ni couvain ni réserves à protéger [8]. Ce n'est pas une garantie : certains essaims, peut-être 1 sur 50, peuvent être irritables [8]. Gardez enfants et animaux à distance.

Les bons gestesNe dérangez pas la grappe, n'utilisez pas d'insecticide (il disperse les abeilles et les énerve) [8], prenez une photo et contactez un apiculteur. Tous les détails sont dans notre guide essaim d'abeilles : que faire tout de suite.
Dans l'OiseLes sapeurs-pompiers de l'Oise n'interviennent pas pour les essaims d'abeilles et conseillent de faire appel à un apiculteur [12]. L'association L'Oise Apicole publie une liste de cueilleurs d'essaims bénévoles par secteur, que vous retrouvez sur notre carte des apiculteurs de l'Oise.
Trouver un apiculteur près de chez vous

La carte classe les apiculteurs, les cueilleurs d'essaims et les associations de l'Oise du plus proche au plus éloigné de votre commune.

Ouvrir la carte Signaler l'essaim

Après l'essaimage

Dans la ruche d'origine, la jeune reine fait ses premiers vols de repérage à partir de son 6e jour, puis part s'accoupler avec une quinzaine de mâles, à 3 km environ de la ruche [2]. Une fois la ponte commencée, elle ne sera plus jamais fécondée [2].

Dans son nouveau logis, l'essaim bâtit très vite ses rayons de cire : un essaim est un formidable producteur de cire, car les abeilles parties gorgées de miel ont leurs glandes prêtes [3]. Le temps presse : les abeilles de l'essaim seront mortes au bout d'environ six semaines, et la relève commence à naître environ 30 jours après l'installation [3].

Si l'essaim s'est installé dans un mur ou une cheminée, ce n'est plus un essaim mais une colonie établie, qui défend son nid [8] : lisez notre guide sur les abeilles installées dans un mur ou une cheminée. Et si l'essaim reste longtemps dehors, souvent après une pluie, il peut bâtir ses rayons à l'air libre ; la plupart de ces colonies ne passent pas l'hiver [8].

Questions fréquentes

Quelle différence entre essaimage et essaim ?

L'essaimage est le phénomène : la colonie se divise et une partie s'en va. L'essaim est le groupe d'abeilles parti, avec sa reine, qui cherche un nouveau logis.

Combien d'essaims une ruche peut-elle donner dans l'année ?

Souvent un seul, parfois deux ou trois. Dans l'étude allemande, les 10 colonies suivies ont donné 17 essaims en tout, jusqu'à un essaim primaire et deux secondaires pour une même colonie [4].

Pourquoi un essaim s'est-il posé chez moi ?

Par hasard ou presque. À la sortie, l'essaim ne vole que quelques dizaines de mètres avant de se poser en grappe [5] : une ruche ou une colonie sauvage se trouve donc probablement dans les environs. Votre arbre ou votre haie n'est qu'une halte.

L'essaim va-t-il rester définitivement dans mon arbre ?

En général non : la grappe repart d'elle-même, souvent en un jour ou deux, parfois après 3 à 5 jours [8]. Le vrai risque, c'est qu'il choisisse une cavité de votre maison comme logis définitif.

À qui appartient un essaim ?

Le Code rural prévoit que le propriétaire d'un essaim peut le réclamer tant qu'il n'a pas cessé de le suivre ; sinon, l'essaim appartient au propriétaire du terrain sur lequel il s'est fixé [13].

L'essaimage est-il mauvais pour les abeilles ?

Non, c'est leur manière naturelle de se multiplier. Il est surtout gênant pour l'apiculteur, qui perd une partie de sa colonie et voit la récolte ralentir pendant la préparation [3].

Sources

  1. T. D. Seeley, P. K. Visscher, K. M. Passino, « Group Decision Making in Honey Bee Swarms », American Scientist, 2006 : bees.ucr.edu/media/156/download
  2. ITSAP-Institut de l'abeille, Mallette pédagogique, Module 2 : Biologie de l'abeille et comportement de la colonie, 2017 : mallette-pedagogique.itsap.asso.fr/wp-content/uploads/2017/12/PPT-Mallette-pedag
  3. H. Tremblay, « Comprendre l'essaimage », MAPAQ (ministère de l'Agriculture du Québec), 2008 : www.agrireseau.net/apiculture/documents/comprendre%20l'essaimage.pdf
  4. B. Rutschmann, P. L. Kohl, I. Steffan-Dewenter, « Swarming rate and timing of unmanaged honeybee colonies in a forest environment », bioRxiv (prépublication), 2024 : doi.org/10.1101/2024.09.07.611535
  5. T. D. Seeley, R. A. Morse, « Dispersal Behavior of Honey Bee Swarms », Psyche, 1977 : groups.csail.mit.edu/mac/projects/psyche/84/84-199.html
  6. T. D. Seeley, R. A. Morse, P. K. Visscher, « The Natural History of the Flight of Honey Bee Swarms », Psyche, 1979 : groups.csail.mit.edu/mac/projects/psyche/86/86-103.html
  7. T. D. Seeley, R. A. Morse, « Nest site selection by the honey bee, Apis mellifera », Insectes Sociaux, 1978 : doi.org/10.1007/BF02224297
  8. J. W. Harris, B. Layton, Prevention and Treatment of Nuisance Honey Bees Around Your Home, Mississippi State University Extension : extension.msstate.edu/publications/prevention-and-treatment-nuisance-honey-bees-
  9. S. Milius, « Book Review: Honeybee Democracy by Thomas D. Seeley », Science News, 2010 : www.sciencenews.org/article/book-review-honeybee-democracy-thomas-d-seeley
  10. Office québécois de la langue française, Grand dictionnaire terminologique, « essaimage » : vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/fiche-gdt/fiche/26501451/essaimage
  11. « Engorgement on stores of honey/nectar by worker honey bees prior to swarming », American Bee Journal, 2016 : americanbeejournal.mydigitalpublication.com/articles/engorgement-on-stores-of-ho
  12. SDIS de l'Oise, « Insectes » : www.sdis60.fr/insectes/
  13. Code rural et de la pêche maritime, article L211-9, Légifrance : www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006583046

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