Un essaim laissé tranquille repart en général de lui-même en un jour ou deux, mais il peut rester 3 à 5 jours [1] ; certains ne restent que quelques heures. Il s'envole dès que ses éclaireuses se sont mises d'accord sur un nouveau logis [3]. L'heure du départ est impossible à prévoir : appelez un apiculteur tout de suite plutôt que d'attendre.
Combien de temps dure la halte ?
Quand un essaim quitte sa ruche, il ne vole que quelques dizaines de mètres avant de se poser en grappe sur une branche, une haie ou un rebord. Cette grappe est temporaire : c'est une salle d'attente, pas une maison [2].
Une extension universitaire américaine indique qu'un essaim laissé tranquille repart en général « en un jour ou deux », mais peut rester 3 à 5 jours [1]. Le biologiste américain Thomas Seeley décrit un cas suivi du 20 au 22 juillet 1997 : la décision a demandé environ 16 heures de danses, réparties sur trois jours [3]. D'autres essaims se décident beaucoup plus vite et ne restent que quelques heures.
Autrement dit, quand vous découvrez un essaim, vous ne savez pas s'il est arrivé il y a dix minutes ou la veille, ni où en est sa « réunion ». Il peut s'envoler dans l'heure.

| Ce que vous voyez | Ce que cela veut dire | Que faire |
|---|---|---|
| Une grappe calme, quelques abeilles qui vont et viennent | Halte normale : les éclaireuses cherchent un logis | Gardez vos distances et appelez un apiculteur maintenant |
| La grappe est là depuis plusieurs jours, souvent après de la pluie | Le départ a été retardé [1] | Appelez sans tarder : elle risque de commencer à bâtir |
| De la cire blanche apparaît entre les abeilles | L'essaim construit des rayons à l'air libre : il devient une colonie qui défend son nid [1] | Ne vous approchez plus, prévenez l'apiculteur |
| La grappe a disparu, des abeilles entrent et sortent d'un trou de la maison | L'essaim s'est installé dans une cavité : c'est une colonie établie [1] | Ne bouchez rien, voir la page sur les colonies dans un mur |
| La grappe a disparu, il reste un peu de cire sur la branche | L'essaim est reparti vers son nouveau logis [9] | Rien d'urgent |
Ce qui se passe dans la grappe pendant l'attente
Vue de loin, la grappe semble endormie. En réalité, elle tient une véritable assemblée.
Des milliers d'abeilles qui économisent leurs forces
Seules quelques centaines d'abeilles, les éclaireuses, sont actives pendant la recherche. Les autres restent immobiles dans la grappe, sans doute pour économiser leurs réserves [3]. Dans un essaim étudié en détail, environ 5 % des abeilles, soit près de 500, avaient visité le futur logis avant l'envol [4].
Ces réserves, les abeilles les ont emportées avec elles : avant de partir, elles se gorgent de miel, qui représente 20 à 30 % du poids d'un essaim [8]. C'est leur seul garde-manger jusqu'à ce qu'elles aient bâti de nouveaux rayons.
Des éclaireuses qui « votent » en dansant
Les éclaireuses découvrent une douzaine de cavités possibles, parfois davantage. De retour sur la grappe, chacune vante la sienne par une danse frétillante, la même danse qui sert ailleurs à indiquer une source de nourriture. Peu à peu, le nombre de sites annoncés diminue, jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un [3].
C'est un élève de Karl von Frisch, Martin Lindauer, qui a découvert dans les années 1950 que les danses exécutées sur un essaim annoncent des sites de nid, et non de la nourriture [3].
Le choix ne se fait pas à l'unanimité mais au quorum : l'essaim se prépare à l'envol quand environ 15 éclaireuses se trouvent en même temps sur le même site, ce qui correspond à environ 150 visiteuses au total [3].
Ce que cherche l'essaim
Lors d'expériences avec des nichoirs, les abeilles ont préféré une cavité de 40 litres à des cavités de 10 ou de 100 litres [6]. D'après les travaux rassemblés par Seeley, un logis de premier choix a un volume de plus de 20 litres, une entrée de moins de 30 cm², située à plusieurs mètres du sol, orientée au sud et placée en bas de la cavité [3].
Le départ : quelques minutes
Quand la décision est prise, des éclaireuses diffusent une odeur de rappel en battant des ailes, glande de Nasanov à l'air : les apiculteurs disent qu'elles « battent le rappel » [5]. La grappe se défait et devient un nuage d'environ 10 mètres de diamètre qui file à 8,5 à 11 km/h. Il ralentit au moins 80 mètres avant le site ; la reine entre environ 9 minutes après l'arrivée et presque toutes les abeilles sont à l'intérieur en 30 minutes [4].

Le nouveau logis est souvent à au moins 300 mètres de la colonie d'origine, et parfois bien plus loin : les distances relevées vont jusqu'à environ 3,9 km [2].
Pourquoi appeler un apiculteur tout de suite
- Le départ peut avoir lieu à tout moment. Rien, de l'extérieur, n'indique que la décision est imminente. Un apiculteur qui arrive après le départ ne peut plus rien faire.
- Votre maison ressemble au logis idéal. Relisez le portrait : une cavité de quelques dizaines de litres, à plusieurs mètres de haut, avec une petite entrée [3]. Un creux de mur, un conduit de cheminée ou un espace sous la toiture y ressemblent beaucoup. Une fois l'essaim installé, il faut le plus souvent ouvrir la paroi pour le retirer, et une telle colonie peut stocker environ 18 kg de miel à la fin du printemps [11].
- Les cueilleurs sont des bénévoles. Dans l'Oise, la liste de L'Oise Apicole recense des apiculteurs bénévoles [10] : il faut parfois en appeler plusieurs avant d'en trouver un disponible. Plus tôt vous commencez, mieux c'est.
- C'est une chance pour les abeilles. Recueilli à temps, l'essaim est installé dans une ruche, comme les apiculteurs le font depuis des siècles [3].
Pour les bons gestes en attendant, suivez notre guide essaim d'abeilles : que faire tout de suite. Pour trouver quelqu'un près de chez vous, ouvrez la carte des apiculteurs et cueilleurs de l'Oise.
En deux minutes, indiquez la commune, la hauteur et l'emplacement : les apiculteurs inscrits sur le site près de chez vous reçoivent l'alerte, et vous voyez tout de suite les contacts les plus proches.
Un essaim qui ne part pas
Il arrive qu'un essaim reste exposé bien plus longtemps que prévu, souvent après une pluie qui a retardé son départ. Dans ce cas, il peut se mettre à construire ses rayons à l'air libre, sur la branche même [1].
Dès qu'il a construit des rayons, l'essaim devient une colonie qui a quelque chose à défendre : il pique beaucoup plus volontiers [1]. Si vous voyez apparaître de la cire blanche entre les abeilles, ne vous approchez plus et dites-le à l'apiculteur au téléphone.
Ces colonies installées en plein air ont un avenir sombre : la plupart ne passent pas l'hiver [1]. Les confier à un apiculteur, c'est leur donner une vraie chance.
Si en revanche la grappe a disparu mais que des abeilles entrent et sortent régulièrement d'un trou de votre maison, l'essaim ne « reste » pas : il s'est installé. Lisez notre page sur l'essaim installé dans un mur ou une cheminée et ne bouchez surtout pas l'entrée : les abeilles trouveraient un autre passage, parfois vers l'intérieur [11].
Les traces de cire laissées après le départ
L'essaim est parti, et vous remarquez sur la branche de petites plaques ou des ébauches de rayons, blanches ou jaune pâle. Rien d'inquiétant : pendant une halte, les ouvrières commencent parfois à bâtir de la cire autour de la reine ; quand l'essaim repart, ces amorces sont simplement abandonnées [9].

Ces traces sont un bon indice : elles montrent que l'essaim est resté assez longtemps pour commencer à construire. Si vous voyez un essaim en grappe et de la cire au même endroit, c'est qu'il est là depuis un moment et qu'il ne faut plus attendre.
Essaim primaire, essaim secondaire
Une même colonie peut essaimer plusieurs fois dans la saison. Le premier essaim, dit primaire, part avec l'ancienne reine. Les jeunes reines restent dans la ruche d'origine ou partent avec des essaims secondaires, plus petits [3] ; ces essaims secondaires sont associés à des reines pas encore fécondées [7].
Une étude menée dans une forêt du sud de l'Allemagne en 2019 (prépublication) a suivi dix colonies non gérées par l'homme : toutes ont essaimé au moins une fois. Cinq ont émis un seul essaim, trois un primaire suivi d'un secondaire, et deux un primaire suivi de deux secondaires, soit 17 essaims au total [7].
| Essaim primaire | Essaim secondaire | |
|---|---|---|
| Reine | L'ancienne reine, déjà fécondée | Une jeune reine, pas encore fécondée |
| Poids moyen (étude allemande) | 2,44 kg | 1,40 kg |
| Nombre d'abeilles estimé | Environ 18 800 | Environ 10 800 |
| Départ | En premier | En moyenne 9 jours plus tard (6 à 13 jours) |
Source des chiffres du tableau : [7]. Entre deux essaims secondaires, les chercheurs ont observé des écarts de 4 et 8 jours [7]. Si vous voyez passer un second essaim, plus petit, une à deux semaines après un premier, il vient peut-être de la même colonie. Pour comprendre pourquoi une colonie se divise, lisez notre guide sur l'essaimage et celui sur la vie d'une colonie d'abeilles.
À quelle heure et à quelle saison ?
Dans l'étude allemande, les essaims ont quitté leur ruche entre 8 h 30 et 17 h 30, avec une heure médiane de 11 h [7]. Ils partaient surtout quand le temps se réchauffait après une période plus fraîche, et les jours sans pluie [7]. Un essaim que vous découvrez en fin de journée a donc très probablement quitté sa ruche dans la journée.
Côté calendrier, l'ITSAP-Institut de l'abeille situe entre avril et juillet la période où la vieille reine a le plus de chances d'essaimer [5]. Dans la forêt allemande, les départs ont eu lieu entre le 17 mai et le 27 juin, et un relevé participatif allemand de 2011 montrait un début en avril et un premier pic début mai [7]. Dans l'Oise, attendez-vous à des essaims surtout d'avril à juin, parfois jusqu'en juillet.
Notre indice d'essaimage du jour combine la météo et le calendrier pour vous dire si les conditions sont favorables aux essaims dans le département.
Questions fréquentes
Peut-on faire partir un essaim plus vite ?
Non, et ce n'est pas souhaitable : il partira quand ses éclaireuses auront choisi un logis. Pulvériser un insecticide disperse généralement la grappe et énerve les abeilles [1]. Le plus efficace reste de faire venir un apiculteur, qui emporte l'essaim en une seule fois.
Faut-il appeler un apiculteur si l'essaim va de toute façon partir ?
Oui. Vous ne savez pas où il ira : le logis qu'il recherche, une cavité de quelques dizaines de litres en hauteur [3], peut très bien être votre cheminée ou le mur d'un voisin. Récupéré, il évite ce risque et rejoint une ruche.
Où va l'essaim quand il s'envole ?
Vers la cavité choisie par les éclaireuses, souvent à au moins 300 mètres de sa ruche d'origine et parfois à près de 4 km [2]. Arbre creux, mur, toiture : tout abri sec et assez spacieux peut convenir.
Combien d'abeilles y a-t-il dans un essaim ?
Les études publiées vont de quelques milliers à plus de 40 000 abeilles, avec des moyennes d'environ 12 000 à 14 000 [7]. La plupart des essaims comptent 10 000 à 20 000 abeilles, soit 1 à 3 kg environ.
Un essaim peut-il passer l'hiver accroché à une branche ?
Il peut construire ses rayons à l'air libre s'il reste exposé, mais la plupart de ces colonies ne passent pas l'hiver [1].
Comment savoir si l'essaim s'est installé chez moi après son départ ?
Les traces de cire vont-elles attirer d'autres abeilles ?
Aucune source fiable ne nous permet de l'affirmer. Ces amorces de rayons sont abandonnées par l'essaim quand il repart [9] ; vous pouvez les laisser ou les retirer une fois toutes les abeilles parties.
Sources
- Prevention and Treatment of Nuisance Honey Bees Around Your Home (P3690), Mississippi State University Extension : extension.msstate.edu/publications/prevention-and-treatment-nuisance-honey-bees-
- Seeley et Morse, Dispersal Behavior of Honey Bee Swarms, Psyche 84, 1977 : groups.csail.mit.edu/mac/projects/psyche/84/84-199.html
- Seeley, Visscher et Passino, Group Decision Making in Honey Bee Swarms, American Scientist 94, 2006 : bees.ucr.edu/media/156/download
- Seeley, Morse et Visscher, The Natural History of the Flight of Honey Bee Swarms, Psyche 86, 1979 : groups.csail.mit.edu/mac/projects/psyche/86/86-103.html
- Mallette pédagogique, module 2 : biologie de l'abeille et comportement de la colonie, ITSAP-Institut de l'abeille, 2017 : mallette-pedagogique.itsap.asso.fr/wp-content/uploads/2017/12/PPT-Mallette-pedag
- Seeley et Morse, Nest site selection by the honey bee, Insectes Sociaux 25, 1978 : doi.org/10.1007/BF02224297
- Rutschmann, Kohl, Steffan-Dewenter, Swarming rate and timing of unmanaged honeybee colonies in a forest environment, bioRxiv, 2024 : doi.org/10.1101/2024.09.07.611535
- Engorgement on stores of honey by worker honey bees prior to swarming, American Bee Journal, 2016 : americanbeejournal.mydigitalpublication.com/articles/engorgement-on-stores-of-ho
- Honeybee : Comb Left After Swarm, Walter Reeves : www.walterreeves.com/?p=7710
- Cueilleurs d'essaims par cantons, L'Oise Apicole : www.oiseapicole.com/copie-de-cueilleurs-d-%C3%A9ssaim
- Honey Bee Removal From Residential and Commercial Sites, NC State Extension, 2024 : content.ces.ncsu.edu/frequently-asked-questions-about-removing-honey-bees-from-s
Page vérifiée et mise à jour le 30 octobre 2026.
